Pour comprendre comment AJIR est née, il faut remonter quelques années en arrière. L’histoire d’AJIR, c’est l’histoire de l’engagement de plusieurs personnes de la région jurassienne.

En 2017, trois des futur.e.s fondateur.trice.s d’AJIR – Alex, Ophélie et Justine – ont commencé à participer à des cours de français bénévoles pour les personnes migrantes, organisés par Sylviane Cerf et Magali Etique. C’est par ce biais qu’on a commencé à tisser des liens avec les participant.e.s des cours. On venait toutes et tous d’horizons différents, mais on avait beaucoup de choses en commun, notamment dû au fait que l’on avait presque le même âge.

Au fil du temps et des discussions, on a remarqué qu’un sujet revenait souvent sur la table : le manque d’opportunité pour les participant.e.s aux cours de français de rencontrer d’autres personnes établies dans la région, alors que l’envie ne manquait pas. On a donc décidé de réfléchir à ce qu’on pourrait faire pour créer des opportunités de rencontres. On a formé un petit groupe avec les personnes qui venaient aux cours et avec qui nous avions créé des liens d’amitié. C’est à ce moment-là que Naël, Mouhammed, Mirwais et Mojtaba notamment ont rejoint l’équipe.

On s’est retrouvé.e un jour, au printemps 2019, dans le petit parc de Porrentruy. On s’est assis.e tou.te.s ensemble et on s’est demandé.e : comment faire pour créer un espace dans lequel les habitant.e.s du Jura, établi.e.s depuis longtemps ou arrivé.e.s récemment, puissent se rencontrer ? On s’est demandé.e ce que nous, on aimait faire. Et les contours de notre première soirée ont commencé à se dessiner. On a eu l’idée de préparer un repas, car c’est convivial. On a eu l’idée de prévoir des concerts, car les jeunes – et les moins jeunes – aiment la musique et faire la fête. Et on a eu l’idée d’organiser une activité, pour ouvrir la soirée, qui permettait de briser la glace, de faire connaissance : un speed-meeting.

La machine était lancée. On a fait marcher notre réseau pour trouver une salle, organiser le repas, trouver des groupes et du matériel pour les concerts, faire de la pub. On n’avait aucun budget, alors le bénévolat était primordial. C’est donc en comptant uniquement sur l’engagement bénévole de personnes de la région, qu’on a réussi à tout mettre sur pied en moins d’un mois. Une semaine avant, tout était prêt mais on ne savait toujours pas ce que ça allait donner. Est-ce que les gens allaient venir ? Et le moment venu… Plus de 90 personnes ont répondu présentes à notre première soirée, le 23 juin 2018. Cette observation, qui était à la base de cette soirée, s’est confirmée : il y avait un réel manque d’opportunités de rencontres dans le Jura ! Depuis l’estrade de la Galerie du Sauvage, on voyait les gens arriver, de tout âge, de tout horizon, parlant français ou non. Et tout le monde discutait ou échangeait. Des liens étaient en train de se tisser.

Après cette première soirée, et les nombreux retours positifs que l’on a reçus des participant.e.s, on a décidé de continuer et de créer une association. Et c’est à ce moment-là qu’AJIR est officiellement née – enfin, presque officiellement, car on a dû attendre mars 2019 pour créer l’association en bonne et due forme.

On a agrandi le comité, et on a continué à créer différents événements de rencontres. Mais dès le début d’AJIR, on a toujours souhaité faire plus que de permettre à la population jurassienne venant de différents horizons de tisser des liens. Un autre objectif nous paraissait essentiel: celui de défendre les droits des personnes migrantes qui font face à des politiques migratoires toujours plus restrictives et qui ne proposent pas un accueil suffisamment juste et humain. Avec les moyens à notre disposition, on souhaite mettre en évidence les expériences et les situations vécues par les personnes migrantes en Suisse. On soutient également les personnes qui se tournent vers nous, que ce soit administrativement, légalement ou en mobilisant la société civile.

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